Contexte historique de l’évolution de Noyan

En 1534, Jacques Cartier prend possession des terres d’Amérique du Nord sur lesquelles vivent des Iroquois. Ces derniers sont principalement des chasseurs et ont développé la pêche et l’horticulture avec le temps. Faisant fi des droits des autochtones, les terres seront gouvernées par le roi de France et c’est le tout début de l’épopée de la Nouvelle-France.

Entre 1609 et 1701, on assiste à une longue lutte entre Français et Iroquois. Champlain remonte la « rivière des Iroquois » (Lac Champlain) pour mener la première attaque française contre cette tribu. Par la suite, les autorités françaises commandent la construction de plusieurs forts le long de la rivière Richelieu, afin de contrer les incursions iroquoises. Un traité de paix signé en 1666 est brisé après 20 ans par les Iroquois, qui continuent à semer la terreur chez les habitants des seigneuries du Richelieu. Le 4 août 1701, une paix générale et définitive entre Français et Iroquois est conclue à Montréal.

Pendant que les guerres franco-iroquoises battent leur plein, un conflit éclate entre la France et l’Angleterre. Transportée en Amérique, cette guerre implique la participation des Anglais aux côtés des Iroquois, contre les Français.

La guerre de Sept ans (1756-1763) est la première guerre à l’échelle mondiale. Le conflit oppose la Grande-Bretagne, la Prusse et Hanovre à la France, l’Autriche, la Suède, la Saxe, la Russie et l’Espagne. Sur nos terres, la bataille a eu lieu entre les Britanniques et les Français dans la nuit du 12 au 13 septembre 1759.

La Conquête est l’expression utilisée pour désigner la prise du Canada par la Grande-Bretagne durant la Guerre de Sept ans. Cette victoire a eu un impact direct sur les conditions de vie des 60 000 à 70 000 habitants francophones et de nombreux peuples autochtones. 18 septembre 1759: Québec capitule devant les forces britanniques, quelques jours après la décisive bataille des Plaines d’Abraham. La résistance française prend fin un an plus tard avec la capitulation de Montréal.

Selon les conditions de la reddition signée le 8 septembre 1760, les Britanniques garantissent aux habitants de la Nouvelle-France l’immunité contre la déportation ou les mauvais traitements, le droit de rentrer en France avec tous leurs biens, la jouissance continue de leurs droits de propriété, le droit de poursuivre le commerce des fourrures sur un pied d’égalité avec les Anglais et finalement, la liberté de culte.

En 1763, par le Traité de Paris, l’ensemble de la Nouvelle-France fut cédé à la Grande-Bretagne. Peu après la conclusion de ce traité, les seigneuries inhabitées de Lacolle, Foucault, Noyan et Levasseur passeront aux mains des anglophones malgré le fait que la majorité des Britanniques et des Américains répugnent à devenir censitaires. Cependant, l’acquisition d’un fief est perçue comme un investissement rentable. En conséquence, en 1837, les anglophones en viendront à posséder la moitié des seigneuries du Bas-Canada (le long de la rivière Richelieu et de la Baie Missisquoi).

En 1775-1776, c’est le début de la révolution américaine et de la guerre de l’Indépendance des colonies de l’Angleterre qui se sont battues pour s’affranchir et devenir indépendantes. De là, émergent les Loyalistes qui trouvent refuge ici. Ils sont contre l’idée d’indépendance et restent fidèles au Roi.

En 1812, le Richelieu est à nouveau envahi par les Américains qui cherchent à prendre Montréal pour empêcher les déplacements de renforts en direction du Haut-Canada dont ils espèrent s’emparer.

1814: Signature d’un traité de paix éternel entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

En 1842, le traité Webster-Ashburton (traité de Washington) trace les frontières définitives entre les États-Unis et le Canada. Les Noyantais rappellent volontiers, avec une légitime fierté, que leur village a été le théâtre de la signature du traité de Washington pour la région environnante.

Les origines de Noyan

Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus, Noyan est constitué en partie de deux seigneuries : Seigneurie de Noyan et de Foucault (Caldwell Manor).

De forme quadrangulaire, la municipalité de Noyan est délimitée à l’ouest par le Richelieu, au sud par la frontière qui sépare le Québec du Vermont, au nord par la municipalité d’Henryville et à l’est par la municipalité de Saint-Georges-de-Clarenceville.

Noyan est constituée en partie des espaces des seigneuries de Noyan et de Foucault. Elle est devenue en 1976 la municipalité de Noyan.

 

La seigneurie de Noyan

Le toponyme a pour origine le nom du seigneur Pierre-Jacques Payen de Noyan et de Chavoy (1695-1771), officier dans les troupes de la Marine, lieutenant du Roi à Trois-Rivières, major de Montréal. Ce dernier reçoit la seigneurie qui porte son nom en 1733.

Pierre-Jacques Payen de Noyan et de Chavoy est considéré à l’époque comme un excellent officier en Nouvelle-France. Il n’a jamais vraiment habité ou occupé sa seigneurie. En 1741, le seigneur de Noyan perd sa seigneurie, du fait qu’il ne l’a pas mise en valeur. Or, en 1745, il obtient de nouveau que ses titres de propriété soient confirmés par le roi.

L’épouse de M. de Noyan vend en 1764 à Gabriel Christie et à John Campbell l’ensemble de la seigneurie et les droits qui s’y rattachent. Messieurs Christie et Campbell divisent le territoire en deux parties en 1772. La partie nord revient à M. Campbell et la partie sud à M. Christie.

En 1797, la moitié de la seigneurial de Noyan qui appartenait à la succession Campbell est vendue à Gabriel Christie.

Gabriel Christie meurt à Montréal en janvier 1799 et son fils Napier Christie Burton hérite de la seigneurie de Noyan. À son décès, la seigneurie passera aux mains de son frère naturel puis à celles de sa fille. Elle sera revendue en 1875 à Robert Wright, d’Henryville.

 

La seigneurie de Foucault

François Foucault est à la fois seigneur, négociant, et membre du Conseil supérieur. Né à Bayonne en France, il est envoyé en Nouvelle-France en 1715. Il y devient le garde-magasin du roi, fonction qu’il exerce pendant plus de 25 ans.

En 1733, il reçoit une seigneurie sur la rivière Richelieu, qu’il ne cherche pas à mettre en valeur. En 1741, l’intendant lui enlève cette seigneurie, mais deux ans plus tard, il la lui remet en incluant une lieue de plus sur la rivière Richelieu. Le seigneur Foucault vend sa maison à Québec pour construire un moulin à farine.

Les autorités coloniales en viennent à retirer sa charge de garde-magasin à François Foucault. La situation de celui-ci n’allant pas en s’améliorant, les censitaires sont forcés d’abandonner la seigneurie située le long du Richelieu. À la suite de la Conquête, Foucault est privé de sa pension, sa carrière décline et il meurt pauvre en 1766 à Québec,

Cependant, en 1774, Henry Caldwell, un officier de l’armée britannique, aspire à devenir un important propriétaire foncier et un seigneur. Il loue pour 99 ans plusieurs propriétés, dont la seigneurie de Foucault.

Dès 1783, Caldwell attire des Loyalistes sur ses terres de la seigneurie de Foucault, devenue Caldwell’s Manor. Il répare le moulin, contribue à la construction d’une église et à l’érection d’un manoir.

À compter de 1805, ses moulins à farine et ses scieries fonctionnent à plein régime, profitant du blocus de Napoléon pour fournir la métropole en blé et en bois.

Caldwell meurt en 1810, en laissant ses possessions à son fils unique John.

Ce sera ensuite l’abolition du régime seigneurial.

De nouveaux colons arrivent: des familles irlandaises catholiques, des Canadiens Français, des familles protestantes venues d’Irlande du Nord.

En 1838, la population de Caldwell Manor se chiffre à 1300 âmes, celle de Christie Manor à 2500.

En 1855 sera créée la municipalité de Saint-Thomas-de-Foucault.